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    Réglementation

    MaPrimeRénov' : le décret du 25 août 2026 ferme cinq monogestes au 1er septembre

    Isolation, ventilation, chauffe-eau thermodynamique, bois, solaire thermique : le décret n° 2026-822 les retire du parcours par geste dès le 1er septembre 2026. Les logements F et G gardent un sursis jusqu'au 31 décembre 2027. Ce que cela change au budget d'un bailleur.

    31/08/20267 min (1309 mots)

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    EN RÉSUMÉ — Publié au Journal officiel du 27 août 2026, le décret n° 2026-822 du 25 août retire cinq familles de travaux du parcours « par geste » de MaPrimeRénov' à partir du 1er septembre : isolation, ventilation, pompes à chaleur dédiées à l'eau chaude sanitaire, chauffage au bois ou à la biomasse, solaire thermique en métropole. L'État cesse d'acheter des gestes pour n'acheter que des sauts de classe. Un seul répit, et il est daté : les logements classés F et G conservent l'accès au parcours par geste jusqu'au 31 décembre 2027.

    Ce que le décret retire, et à partir de quand

    Le texte modifie le décret fondateur n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique. Sa notice est explicite : il supprime les forfaits correspondant aux équipements de chauffage ou d'eau chaude sanitaire fonctionnant au bois ou à une autre biomasse, aux pompes à chaleur dédiées à la production d'eau chaude sanitaire, aux systèmes de ventilation, à l'isolation, et aux équipements solaires thermiques — ces derniers restant financés dans les régions d'outre-mer visées par le texte. Deux arrêtés du 25 août 2026 accompagnent le décret et révisent les caractéristiques techniques des travaux éligibles.

    La date compte autant que la liste. Les dispositions entrent en vigueur le 1er septembre 2026 et s'appliquent aux demandes déposées à compter de cette date : ce qui a été déposé avant relève des règles antérieures. C'est le dépôt du dossier qui fixe le droit, pas la signature du devis. Le mouvement n'est pas nouveau, il s'accélère : l'isolation des murs et les chaudières biomasse étaient déjà sorties du parcours par geste au 1er janvier 2026, comme nous l'avions détaillé dans MaPrimeRénov' bailleur 2026.

    Le sursis des passoires : F et G jusqu'au 31 décembre 2027

    Pour les gestes qui subsistent, le décret prolonge l'accès au parcours par geste des logements classés F et G jusqu'au 31 décembre 2027 en France métropolitaine. C'est le seul assouplissement du texte, et il est cohérent avec le reste : l'argent public se concentre là où un euro dépensé fait bouger le plus de kilowattheures. Un propriétaire de passoire garde donc, seize mois durant, une porte que les autres voient se refermer. Passé ce terme, tout repasse par la rénovation d'ampleur.

    Pourquoi l'État arrête de payer le geste isolé

    Le raisonnement budgétaire tient en une ligne : un geste seul déplace rarement une étiquette. Changer les fenêtres d'un logement classé G donne du confort immédiat et une facture un peu plus légère, mais laisse le bâti, la ventilation et le chauffage dans leur état d'origine. La dépense publique achète alors du confort, pas de la performance mesurée — et la performance mesurée est ce que la France doit à ses engagements climatiques comme au calendrier de décence énergétique.

    Il y a un second ressort, moins avouable et tout aussi décisif : l'effet d'aubaine. Une subvention sur un geste que beaucoup de ménages auraient financé de toute façon subventionne surtout la décision déjà prise. En réservant l'aide aux bouquets de travaux, la puissance publique achète du comportement additionnel : des chantiers qui n'auraient pas eu lieu sans elle. C'est plus cher au dossier, mais moins cher au kilowattheure évité.

    L'effet de second tour est prévisible et il faut le nommer : en fermant la porte étroite, on écarte aussi les propriétaires qui n'avaient pas les moyens de la porte large. Une rénovation d'ampleur suppose un reste à charge de plusieurs dizaines de milliers d'euros, un accompagnateur, une trésorerie et un logement libérable. Tous les bailleurs n'ont pas cela. Une partie d'entre eux ne fera donc ni le geste, ni le bouquet.

    Le tableau des gestes, au 1er septembre 2026

    TravauxParcours « par geste » au 1er septembre 2026Voie de repli
    Isolation (combles, toiture, parois vitrées)Forfait suppriméRénovation d'ampleur ; certificats d'économies d'énergie (CEE)
    Systèmes de ventilationForfait suppriméIntégration dans un bouquet de travaux
    Pompe à chaleur dédiée à l'eau chaude sanitaireForfait suppriméCEE ; rénovation d'ampleur
    Chauffage ou eau chaude au bois / biomasseForfait suppriméCEE ; rénovation d'ampleur
    Solaire thermiqueForfait supprimé en métropole, maintenu outre-merRénovation d'ampleur
    Logements classés F ou GAccès au parcours par geste prolongéJusqu'au 31 décembre 2027 (métropole)

    Le détail technique, geste par geste, figure dans les arrêtés du 25 août 2026.

    Ce que cela change au budget d'un bailleur

    Rappelons d'abord ce qui n'a pas bougé : la prime versée pour un logement mis en location reste un contrat, pas un chèque. Engagement de location en résidence principale pendant six ans, interdiction de répercuter la subvention sur le loyer, plafond de trois logements par bailleur sur cinq ans. Le décret d'août ne touche pas à ces contreparties ; il réduit le champ de ce qui déclenche la prime.

    La conséquence pratique est un déplacement du centre de gravité, de la subvention vers la déduction fiscale. Prenons une hypothèse de travail, et non une promesse : 12 000 € d'isolation de combles sur un logement locatif, une prime par geste désormais nulle, et un bailleur imposé à 30 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux. La dépense reste déductible des revenus fonciers au titre des travaux d'amélioration ; à ce taux marginal, l'économie d'impôt approche 5 600 € sur les revenus fonciers concernés. Ce n'est pas une prime, mais ce n'est pas rien — et le déficit foncier majoré pour rénovation énergétique, avec son plafond doublé à 21 400 €, reste le levier le plus puissant du locatif nu. Les montants ci-dessus dépendent de votre taux d'imposition réel et du régime déclaratif retenu.

    Reste l'arbitrage de fond, celui que la fin des monogestes rend inévitable : rénover en profondeur, vendre, ou attendre. Attendre a un coût, et il est daté lui aussi — le calendrier de décence énergétique continue d'avancer, et les débats parlementaires de l'été 2026 sur les passoires thermiques n'ont pas effacé la trajectoire, ils l'ont aménagée. Un logement qui sort du marché locatif ne rapporte plus rien du tout : c'est le seul rendement dont on soit certain.

    FAQ

    Ai-je encore droit à la prime si mon devis est signé avant le 1er septembre 2026 ?

    Ce qui compte est la date de dépôt de la demande, pas celle du devis ni du chantier. Les dispositions du décret n° 2026-822 s'appliquent aux demandes déposées à compter du 1er septembre 2026. Un dossier déposé avant relève des règles antérieures, sous réserve de sa complétude.

    L'isolation des combles n'est-elle plus aidée du tout ?

    Elle ne l'est plus au titre d'un forfait isolé du parcours par geste. Elle reste finançable au sein d'une rénovation d'ampleur, et les certificats d'économies d'énergie, qui relèvent d'un dispositif distinct, continuent de la soutenir. Le montant, lui, n'a rien de comparable à l'ancien forfait.

    Que signifie la prolongation pour les logements F et G ?

    Pour les gestes de travaux qui restent au catalogue, les logements classés F et G conservent l'accès au parcours par geste jusqu'au 31 décembre 2027 en France métropolitaine. C'est une fenêtre de rattrapage pour les passoires, pas un retour en arrière général.

    Les contreparties imposées au bailleur changent-elles ?

    Non. L'engagement de location en résidence principale pendant six ans, l'interdiction de répercuter l'aide sur le loyer et le plafond de trois logements par bailleur sur cinq ans demeurent. Le décret d'août 2026 restreint l'éligibilité des travaux, pas les obligations attachées à la prime.

    Faut-il précipiter un dossier avant la date limite ?

    Déposer un dossier bancal pour gagner une date est le plus sûr moyen de le voir rejeté. Si le projet était mûr, la course a du sens ; sinon, mieux vaut reconstruire le plan de financement autour de la rénovation d'ampleur et de la déduction des travaux.

    Le suivi des travaux, devis et factures se fait dans la gestion des travaux immobiliers de ToutMonImmo.

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    Sources